Preux (adjectif)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 

Qui est brave, vaillant. Il n'est guère usité que dans le style élevé. "C'est un chevalier. C'était un et hardi chevalier."
Il s'emploie aussi comme nom. "Les neuf . Les anciens ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 


Vaillant, brave.
SÉV.: « On ne peut se faire un plus beau et un plus juste panégyrique, mon cousin, que celui que vous faites de votre et de votre généreux ami feu le duc de Saint-Aignan »
FÉN.: « Moi, répondit notre chevalier [le lièvre qui fait le brave], je ne reculerais pas, quand toute la gent chienne viendrait m'attaquer »
    S. m. Un ancien . Les neuf .
BÉR.: « Dites surtout aux fils des nouveaux Que j'ai chanté la gloire et l'espérance.... »
A. DE VIGNY: « Tranquilles cependant, Charlemagne et ses Descendaient la montagne et se parlaient entre eux »
    Les neuf preuses, nom donné dans le moyen âge à neuf femmes guerrières, Tammaris, reine d'Égypte, Deifemme, Lampredo, Hippolyte, reine des Amazones, Sémiramis, Pentésilée, Tancqua, Deisille et Ménélippe.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. LXXXV: Rolans est proz et Oliviers est sage
    XIIème siècle
     Th. le mart. 48: Et un suen escuier n'i volt il oublier, Rogier de Brai, un brun, un prode bachelier
     ib. 63: Mielz valt fiz à vilain qui est prouz et senez, Que ne fait gentilz hun failliz et debutez
WACE: « Li marenier [les matelots] orent paor ; Li plus sage po i saveient, Et li plus pros po i veeient »
     Machab. I, 8: E Judas oï le renon des Romains, que il estoient preuz des armes
     ib. I, 11: Lors li manda Jonathas mile prodes homes
     R. de Cambrai, CLXXIV: Dit Alaïs, la preus et la senée
     Brut, v. 12898: Prou furent, et vous fustes pros, Et jo vous tien à vaillans tos
     Gerard de Ross. p. 324: Quar ice [cela] non est proz à conseillar
    XIIIème siècle
ALEBRANT: « Chars de vielle chievre n'est preus au cors de l'home »
ALEBRANT: « Cil poisson ne sont preu à user »
MARIE: « La prode fame l'esgarda, Grant joie en fist, si l'otria [l'octroya] »
MARIE: « Amur n'est pruz se n'est egals »
MARIE: « ... la dameisele Qui tant est pruz et sage e bele »
     Poésies mss. avant 1300, t. I, p. 455, dans LACURNE, au mot fruit: .... Fruiz n'est prous qui ne maüre [mûrit]
VILLEH.: « Li dus de Venise, qui avoit non Henri Dendole, et estoit moult preus et moult saiges »
JOINV.: « Et en li demanda pourquoy il n'avoit dit aussi preudhomme : pource, fist-il, que il a grant difference entre preu homme et preudomme »
    XIVème siècle
     Girart. de Ross. Prol: Trestouz les romanciers qui ont lonc temps musez En ce qu'ont reconté les faiz des proudes hommes
     ib. v. 2945: Dist li dus [le duc] : preu neveu, n'otreions ta requeste ; Qu'elle n'est droituriere, suffisant ne honeste
     Ménagier, I, 4: Homme, en quelque estat qu'il soit, ne peut avoir meilleur tresor que de preude femme et saige
     ib. I, 6: Je croy que, quand deux bonnes preudes gens sont mariés, toutes autres amours sont reculées
BONIFAZIO DEGLI UBERTI: « Li rois de Chypre, qui est et proub et sage »
     Guesclin. 18503: Ah Dieux ! dient François, Bertran est tous ravis, Ne se sait reposer ne de jour ne de nuis ; Au nombre des neuf preuz deveroit estre mis
DU CANGE: « Lequel Bonvallet, qui a esté continuellement et haitiez environ six semaines depuis ladite mellée »
    XVIème siècle
J. MAROT: « Ô vous nymphes, muses, sybilles preuses »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. pros ; ital. pro, proda. Mot très difficile. En français le nominatif est pros, le régime est prou, preu, et quelquefois prode ; le pluriel nominatif est pros et prou ; le régime pluriel est pros, et aussi prodes ; au féminin, le nominatif est preus, pruz et aussi prode. Le provençal dit au masculin et féminin proz, sans distinction de cas. D'après la règle de l'ancien français, ces formes supposeraient un adjectif latin qui serait le même pour le masculin et le féminin, par exemple prodis ; mais prodis n'existe pas dans la latinité. Diez hésite entre une dérivation de la préposition pro, pour, et l'adjectif probus, Raynouard se déclare pour probus. Le fait est que le bas-latin rend constamment par probus, et prouesse par probitas ; sens qui, étant étrangers à la latinité, peuvent avoir été attribués à ces mots à cause d'un vague sentiment d'une communauté entre et probus. Dans cet état de choses, il n'est pas impossible que probus, qui avait un adverbe probiter, se soit changé en probis, et de là en prodis ; on a des exemples de cette mutation : la préposition od pour ob, représentant de apud, et en italien bue brado, jeune boeuf non dressé, au lieu de bue bravo. Mais jusqu'à présent cela ne dépasse pas la valeur d'une conjecture. Malgré quelques coïncidences de sens, ce qui empêche de tirer , prode, de prudens, prudentem, c'est que le régime serait dans l'ancienne langue proent.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Adjectif 


Brave, vaillant. Il n'est usité que dans ces phrases: "C'est un chevalier. C'était un et hardi chevalier."
Il est aussi substantif. "Les neuf . C'est un . Un ancien ."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Adjectif 


masculin. Brave, vaillant. "C'étoit un et hardiChevalier". Il n'est d'usage que dans quelques phrases.
Il est aussi substantif. "Les neuf Preux. C'est un . Un ancien ". PRI



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Adjectif 


Brave, vaillant. "C'étoit un & hardi Chevalier." Il est vieux.
Il est aussi substantif. "Les neuf ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["preû", monos. long.] Vieux mot, Brave, vaillant: "preux" Chevalier. 'Les neuf "preux". On le dit encore en plaisantant et dans le marotique.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Adjectif 


Brave, vaillant. "C'estoit un & hardy chevalier".
Il est aussi substantif. "Les neuf ". Il est vieux.




Emplacement dans le dictionnaire :

prêtre
prêtre-jean
prêtresse
prétresse
prêtrise
préture
preture
preûve
preuve

prévalence
prévaloir
prevaloir
prevaricateur
prévaricateur
prevarication
prévarication
prevariquer
prévariquer
prévat
prévenance




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Casimir DELAVIGNE (Louis XI)

...redoutés. Puis venaient en chantant les pasteurs des villages ; les seigneurs suzerains, appuyés sur leurs pages, les rênes dans les mains, devançaient leurs coursiers. J'ai vu les écussons de nos preux chevaliers, j'ai vu les voiles blancs des jeunes châtelaines confondre leurs couleurs sur les monts, dans les plaines. La croix étincelait aux rayons d'un ciel pur ; des bannières du roi l'or, les...


Citation n°2 de Edgar QUINET (Ahasvérus)

...écoute, écoute. Encore trois pas, tu ne l'entendras plus. J'ai traversé maints tertres et maintes grandes vallées ; mais jamais je n'ai vu vol d'émérillons, ni cavalier si rapide, ni si fier, ni si preux. Son turban blanchit plus que neige et gelée au soleil. Le saurais-tu, aussi bien que lui, rouler et dérouler, sans faire un noeud ? à son arçon pend un calice de vermeil. N'y voudrais-tu pas boire...


Citation n°3 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)

...à quel prix ! Il titubait à travers l'arène, épuisé : ses lèvres étaient blanches ; il crachait le sang. On n'apprécia guère une prouesse si laborieuse, mais néanmoins si méritoire ! Et, lui, le preux, tant ses thuriféraires accoutumés étaient dans la stupeur, on lui laissa gravir sans le gratifier d'un seul bravo les soixante marches de pierre au sommet desquelles, s'étant reposé quelques...


Citation n°4 de Victor HUGO (La Légende des siècles : 1ère série : t. 1 et 2)

...car nul ne peut la prendre. Elle a pour se défendre, outre ses béarnais, Vingt mille turcs ayant chacun double harnais. Quant à nous, autrefois, c'est vrai, nous triomphâmes ; Mais, aujourd'hui, vos preux ne valent pas des femmes, Ils sont tous harassés et du gîte envieux, Et je suis le moins las, moi qui suis le plus vieux. Sire, je parle franc et je ne farde guère. D'ailleurs, nous n'avons point de...


Citation n°5 de Victor HUGO (La Légende des siècles : 1ère série : t. 1 et 2)

...selle et part. V, LES CHEVALIERS ERRANTS, II ÉVIRADNUS, II, ÉVIRADNUS II ÉVIRADNUS Éviradnus Vieux, commence à sentir le poids des ans chenus ; Mais c'est toujours celui qu'entre tous on renomme, Le preux que nul n'a vu de son sang économe ; Chasseur du crime, il est nuit et jour à l'affût ; De sa vie il n'a fait d'action qui ne fût Sainte, blanche et loyale, et la grande pucelle, L'épée, en sa main...


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